Liquidation Eurodif/Bouchara : communiqué intersyndical CFDT-CGT-CFE/CGC-FO

  • Relations presse

Les élus et les quatre organisations syndicales CFDT -CGT-CFE/CFG et FO dénoncent avec force les conditions scandaleuses de la liquidation d’Eurodif.

Depuis des années, nous tirons la sonnette d’alarme. Personne n’a écouté. Le résultat est là, sous nos yeux.

Des directions qui se sont succédé sans jamais redresser la barre. Un passage d’Eurodif à Bouchara bâclé, sans les moyens financiers ni la communication nécessaires — une transformation de façade. Des choix stratégiques désastreux assumés jusqu’au bout : rationalisation de l’offre, réduction des stocks, hausse des prix… sans jamais réduire les surfaces ni le parc magasins. Une politique commerciale incompréhensible pour tout le monde, y compris ceux qui étaient censés l’appliquer. Des magasins laissés à l’abandon, qui tombent en ruine — Pau, Angers, Toulon ne sont que les exemples les plus visibles. Un site marchand sorti post-Covid, obsolète dès sa mise en ligne.

Et pendant ce temps, ce sont les salariés qui ont trinqué à chaque tentative de “transformation”. Suppression des primes magasins en 2021, remplacées par des objectifs individuels inatteignables. Des NAO à zéro depuis des années. La formation professionnelle sacrifiée — y compris les formations légalement obligatoires depuis deux ans. Les prestations de nettoyage supprimées. Les conditions de travail dégradées méthodiquement, sans vergogne.

Résultat de cette gestion calamiteuse : sur onze offres de reprise, une seule a été retenue par le juge. Elle sauve 184 salariés sur 542. C’est tout. Un tiers.

Les deux tiers restants — 358 personnes — se retrouvent sur le carreau, avec pour seul filet de sécurité un PSE au ras des pâquerettes, c’est-à-dire la version la plus minimale de ce qu’on peut offrir à des gens qu’on jette.

Ces salariés, qui sont-ils ? Près de 20 ans d’ancienneté en moyenne. Certains ont consacré plus de 40 ans de leur vie à cette enseigne. Un âge moyen de 48 ans — la moitié d’entre eux a dépassé les 50 ans.

Ce n’est pas une restructuration. C’est un naufrage programmé, et ce sont les salariés qui en paient seuls le prix.​​​​​​​​​​​​​​​​

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