Auchan/Grande Distribution : la CFDT demande des comptes sur l’utilisation des aides publiques.
La fédération des Services CFDT représentée par Véronique Revillod, Secrétaire Générale des Services, Sylvain Macé, Secrétaire National en charge de la grande distribution accompagnés de Gilles Martin, Délégué de groupe CFDT Auchan ont rencontré aujourd’hui à Bercy, le Comité interministériel de restructuration.
Pour la CFDT, les annonces du groupe Auchan qui impliquent la suppression de 2 492 emplois, et la recomposition de la grande distribution qui concernent actuellement des dizaines de milliers d’emplois en France, ne doivent pas se faire sur le dos des salariés.
La crise que traverse le groupe Auchan n’est pas récente et aurait dû être anticipée. Cette entreprise comme les autres sociétés du secteur ont bénéficié d’aides publiques et n’ont pas réussi ou souhaité réinvestir suffisamment leurs résultats dans un outil de travail désormais en danger.
La CFDT demande des comptes quant à l’utilisation de ces aides : la collectivité ne doit pas supporter seule l’accompagnement des salariés d’entreprises qui ne savent pas anticiper et gérer les transitions. De plus, le recours aux PSE ne doit pas non plus servir à maintenir les profits des actionnaires.
La fédération des Services CFDT demande que les salariés d’Auchan, salariés essentiels lors de la crise COVID, ne soient pas laissés sur le bord du chemin. Leurs reclassements ou reconversions doivent être rendus possibles par des mesures sociales de qualité. Des solutions doivent leur être proposées dans les sociétés du groupe Mulliez, particulièrement dans les territoires ou les perspectives de reclassement sont difficiles. Les ressources foncières du groupe Mulliez évaluées à plus de 8 Mds€ avec près de 20 Ms de m2 de surfaces doivent permettre de financer la transformation d’Auchan.
Les salariés de la grande distribution vivent depuis quelques années sous la pression de lourdes restructurations. Faillite de Casino et reprise partielle de ses magasins, location-gérance et PSE chez Carrefour, rachats de Cora et de Match… Partout ce même constat qui dépasse les seuls effets du contexte économique et des changements des modes de consommation : la valeur générée par ces groupes est souvent confisquée et n’est pas suffisamment réinvestie dans les magasins, les prix et le service clients.
Cela génère un risque mortel pour ces enseignes de distributions alimentaires dont le rôle, comme chacun a pu le constater lors de la pandémie, doit être considéré comme stratégique.
La CFDT Services demande à être désormais systématiquement associée à toute réflexion sur l’avenir de la grande distribution.