Quand les patrons des casinos jeux fuient leurs responsabilités en branche

Publié le 13/10/2020

On ne peut pas dire que le dialogue social de la branche des Casinos soit très productif malgré le fait que les organisations syndicales de salariés de la branche soient force de proposition notamment concernant les conditions de travail des salariés.

Il avait d’ailleurs été acté, non sans mal, lors de la réunion paritaire de septembre dernier que les partenaires sociaux de la branche aborderaient en octobre des sujets primordiaux comme la mise en place de dispositions organisant le travail de nuit qui manquent cruellement dans les casinos ou des dispositions pour aménager le travail des salariés avançant dans l’âge qui ont toutes les peines du monde à tenir jusqu’à la retraite du fait notamment des rythmes de travail décalés.

Mais la CPPNI (Commission Paritaire Permanente de négociation et d’Interprétation) du 14 octobre et la CPPNI mixte (sous la présidence de la DGT) du 15 octobre, qui devaient aussi être le point de départ des négociations des minima conventionnels de 2021, n’auront pas lieu car les organisations patronales, censées représenter les quelques 200 casinos français doivent gérer la fermeture de… 5 casinos.

Casinos de France ne se contente plus de s’opposer à l’extension d’accord signé comme celui sur la pénibilité en début d’année ou à faire capoter des travaux comme sur le guide sanitaire de la branche, maintenant ils annulent tout bonnement les réunions.

Ou alors ce serait une action en soutien à l’ACIF qui arrangerait bien aussi Casinos de France pour ne pas avoir à s’expliquer en branche sur un projet de demande d’assouplissement de la réglementation des jeux de table dans les casinos que l’ACIF a exposé lors de son assemblée générale du mois dernier, pour réduire les effectifs dans les Casinos, particulièrement au niveau des Jeux Traditionnels, en déclarant que « les jeux de table ne sont plus adaptés » et que « les casinos à la Française c’est quelque chose qui n’existe pas ».

La CFDT, après avoir découvert le pot-aux-roses, a demandé au président de la mixte, représentant de la DGT, de rajouter ce point à l’ordre du jour car la CFDT condamne de tels propos néfastes à la profession, en pleine crise sanitaire de surcroît et qu’il est hors de question pour la CFDT que les casinos deviennent des lieux entièrement automatisés comme des usines ou des entrepôts de marchandises, vidés de tous leurs salariés. 

Nous voulions donné la possibilité aux organisations patronales de s’expliquer et de débattre mais ils ont préféré coupé court à toute discussion et faire fi du dialogue social de branche. C’est à se demander si ces représentants patronaux ne cherchent pas à saborder tout bonnement la branche pour la brader lors des futurs regroupement de branche.

Les salariés des casinos doivent pouvoir travailler dans de bonnes conditions et ne pas être toujours la valeur d’ajustement surtout que les casinos ont bénéficier de nombreux avantages obtenus ces dernières années auprès du gouvernement et cela sans contreparties pour les salariés, comme le CICE, la loi FILLON, les allègements réguliers de la réglementation des jeux et surtout l’obtention de l’autorisation des jeux électroniques qui est une véritable bouffée d’oxygène pour le secteur. Il s’agit de véritables relais de croissance sans augmentation de la masse salariale. Bien au contraire car maintenant, l’objectif des directions est de réduire le nombre de Machines A Sous et donc celui des tables de jeux traditionnels au profit des jeux électroniques qui ne rentrent pas, eux, dans le décompte des MAS aux yeux de la réglementation et des cahiers des charges avec les mairies (tout en bénéficiant d’une fiscalité plus attrayante que les MAS). 

Et les salariés dans tout cela ? Et leurs emplois ? Rappelons également que dans cette branche, le nombre d’employés est en déficit constant chaque année alors que les résultats des entreprises sont en hausse !

Par conséquent, ce secteur d’activité est loin d’être en crise ; aucun casino n’a fermé ses portes pour cause économique.

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